En quelques lignes, dés octobre 2010, le Dr Olier plante le décor de ce "vaudeville douloureux" avec une acuité surprenante. "Trituration statistique... acharnement planifié... experts à la solde de l'ARS... brutalité de l'ARS... une presse qui se venge... merci pour ceux que vous avez sauvé".
Le Dr Olier qui pendant plus de 20 ans a confié ses patients les plus graves au Dr Roux sait de quoi il parle.
Docteur Pierre Olier
Cardiologue
57150 Creutzwald,
le 30/10/2010
Le Dr Olier qui pendant plus de 20 ans a confié ses patients les plus graves au Dr Roux sait de quoi il parle.
Docteur Pierre Olier
Cardiologue
57150 Creutzwald,
le 30/10/2010
Monsieur le Docteur Pierre Michel Roux
Chef de Service de Chirurgie Cardio-Vasculaire
Centre Hospitalier Régional de Metz-Thionville
Mon Cher Confrère, cher ami,
Je tiens par la présente à vous témoigner ma fidélité et mon estime dans cette douloureuse affaire dont vous êtes victime.
Victime est bien le terme qui convient, car il s'agit d'un acharnement planifié, programmé et relayé par une presse peu scrupuleuse des moyens, et qui malheureusement jette un discrédit intolérable sur vous même, votre famille, votre honneur, votre éthique et vos qualités professionnelles pourtant si estimables.
Au fur et à mesure que passent les jours, se révèlent les différents acteurs de ce drame :
- L'ARS et son directeur, dont on nous annonçait la toute puissance, et dont les choix en matière de politique de santé régionale, c'est à dire la suppression d'un plateau de CEC en Lorraine se sont manifestés avec une réelle brutalité et une inélégance qui déshonorent leurs auteurs.
Je suis stupéfait qu'un confrère cardiologue puisse être à l'origine d'une telle machination et si les résultats de la "trituration" statistique sont opaques, la méthode visant à jeter le discrédit est d'une telle transparence et d'une telle évidence que dés le début de cette affaire les professionnels de santé que nous sommes connaissaient parfaitement le scénario de ce vaudeville douloureux.
- Des experts ! Bel euphémisme en réalité, puisque pour le moins, ils ne rendent compte qu'à leur employeur en l'occurrence à l'ARS et au ministre et non à la justice … Bien sûr, nous savons qu'un démenti partiel sera annoncé dans deux mois, un bémol viendra adoucir ou démentir les qualificatifs actuels "d'actes chirurgicaux non validés, non indiqués, voire franchement délétères" qui sont les outils d'un lynchage médiatique bien orchestré. Trois ou quatre lignes en page régionale constitueront le seul démenti. Nous connaissons la méthode… En France il vaut mieux être délinquant que chirurgien, le premier bénéficiant du doute, de circonstances atténuantes et de l'anonymat, pas le second. Et pour attiser la vindicte on a livré des chiffres comptables. (que l'IGAS avait reconnu comme conformes à votre statut, sauf erreur de ma part).
- Enfin, on annonce aujourd'hui une éventuelle réouverture de votre service, pilotée par le CHU de Nancy… Cela également était prévisible et je m'abstiendrai de tout commentaire sinon que c'est mal connaître les mosellans… A qualité équivalent nous avons le choix.
- Quant à la presse, la presse parisienne devrais-je dire, elle se venge de l'affront infligé ! Car sauf erreur de ma part, n'avez-vous pas gagné contre elle un procès pour diffamation?
Pour terminer, je vous présente mes excuses, en effet je fait partie de ces cardiologues qui vous ont confié au cours des deux décennies passées nos cas les plus difficiles, les plus désespérés, ceux que la vie laissait dans l'ornière et que vous acceptiez d'opérer malgré tout, et ce sont ces cas qui aujourd'hui assombrissent les statistiques en question et donnent du grain à moudre à vos détracteurs. Merci pour tous ceux que vous avez sauvés.
Sur un plan plus historique, votre cas risque de faire école car c'est une véritable "Affaire Dreyfus", dans le domaine médical, elle annonce une grave crise politique et morale et nous n'en somme qu'au début.
Etant mosellan de souche et de cœur, je constate une fois de plus et l'histoire de notre département ne le démentira point, le dédain qu'un certain parisianisme nous manifeste sans cesse, utilisant des "méthodes" qui ne seraient ni appliquées, ni applicables ailleurs en France.
Restez fier du travail accompli, conscient de vos qualités humaines et de chirurgien, soyez assuré de mon estime et de mon amitié.
