Dés le 10 décembre 2010 : "...Sans présager du résultat de l'enquête en cours qui fera l'objet de toute mon attention, la promesse de révélations futures n'ayant aujourdhui que valeur de rumeur..."
Témoignage d'Hubert de Chevigny
expédié à M. GRALL (ARS) - J.M. LAUER (Républicain Lorrain) -
Dr. ROUX
J'étais
la semaine dernière au Canada pour subir un examen médical poussé afin
d'évaluer si j'étais apte à reprendre mes expéditions polaires et surtout les
commandes d'un avion pour aller voler dans les conditions difficiles du Grand
Nord. J'avais subi 4 pontages (sténose serrée de 4 coronaires sur 5) l'hiver
dernier au service de chirurgie cardiaque de l'hôpital Bon-Secours, opéré par
le Dr. ROUX qui m'avait été recommandé par plusieurs cardiologues.
Le
spécialiste canadien qui a la lourde responsabilité d'évaluer ma condition
physique a apprécié la qualité de mon dossier : d'abord une revascularisation
"tout artérielle", c'est-à-dire en évitant la solution de facilité
qui consiste à prélever une veine dans la cheville, au profit d'une artère
détournée de l'estomac pour plus de longévité. Puis une opération réalisée à
cœur battant pour éviter là aussi la solution de facilité d'une pompe
artificielle (CEC) avec ses risques de contaminer le sang.
Et
au finish un test d'effort 78% supérieur à la norme requise au Canada. Bon pour
le Grand Nord !
Au
vu de ces résultats, et en l'absence de toute surprise quant à ses honoraires,
vous comprendrez mon étonnement quand je découvre, à mon retour en France, la
décision administrative de suspendre le Dr. ROUX dont toute la presse nationale
se fait écho.
Il
avait pourtant forcé mon admiration par la clarté de ses explications, la
motivation de ses choix opératoires, et son parlé vrai en me pronostiquant un
risque de 4% de décéder au cours de l'intervention compte tenu de mon âge, ma
forme physique et l'état de mon cœur. J'en avais conclu qu'il m'offrait 96% de
chances de m'en sortir dans un pays où meurent chaque jour 400 personnes de
maladies cardiovasculaires.
Sans
présager du résultat de l'enquête en cours qui fera l'objet de toute mon
attention, la promesse de révélations futures n'ayant aujourd'hui que valeur de
rumeur, je voulais témoigner ici de mon respect pour ces praticiens engagés qui
seuls devant leur conscience décident de passer à l'action en mettant les mains
dans le cambouis pour ramener des gens à la vie. Notre société a besoin d'eux.
Imaginons
un instant que de guerre lasse ils cèdent à la tentation de raccrocher
définitivement leur blouse, ils deviendraient à leur tour des administratifs,
seule façon d'atteindre le risque zéro.
Hubert
de Chevigny