Conférence de presse des opérés du cœur
Mardi 1° mars 2011- Club de la Presse - Metz
La position des opérés du cœur
Il existe une relation de confiance qui s'établit entre l'opéré et son chirurgien. Elle commence avant l'opération, lorsque l'opéré aborde une période cruciale de sa vie. Le chirurgien l'informe, ainsi que sa famille, sans fard mais avec ménagement sur la gravité de son état, sur les choix opératoires, sur les risques pendant et après l'intervention. Après l'opération, chaque cas étant différent, le chirurgien explique au patient comment cela s'est déroulé, les particularités rencontrées, les solutions apportées. On comprend maintenant qu'un lien très fort, non pas d'amitié, mais de respect se tisse entre l'opéré et le chirurgien qui lui a permis de traverser cette épreuve en confiance.
Imaginez le choc pour nous, opérés du cœur du Dr. ROUX, d'apprendre brutalement, par la presse, que l'agence régionale de la santé (ARS) vient de découvrir que le chirurgien qui nous a opéré est effroyablement incompétent et qu'il est immédiatement suspendu pour l'empêcher de sévir plus longtemps.
C'est traumatisant. On songe qu'on a eu beaucoup de chance de s'en être sorti. Comment vivre au quotidien maintenant une petite douleur sans sombrer dans l'angoisse ? Et ce sentiment d'avoir été roulé par le chirurgien et trahi par les cardiologues, à qui on faisait confiance, et qui nous ont fait courir un grand risque en nous orientant vers le bloc opératoire du Dr. ROUX. Comment une telle incompétence a-t-elle pu échapper à tous ces spécialistes pendant si longtemps ?
Mais quand on interroge les cardiolgues, il n'y en a aucun pour vous confirmer les révélations catastrophiques de l'ARS. Au contraire, entre quatre yeux, ils confirment tous que le Dr. ROUX est un bon chirurgien et ajoutent, embarrassés, qu'il ne faut pas s'arrêter à ce qu'on lit dans la presse, qu'il est victime d'enjeux régionaux qui nous dépassent…
En résumé, les praticiens habitués à travailler avec le Dr. ROUX depuis 20 ans sont unanimes pour louer ses qualités professionnelles, en privé. Alors que la toute récente agence régionale de la santé (ARS) le décrète effroyablement incompétent du jour au lendemain avec campagne de presse à l'appui. Le bon sens veut qu'on y regarde à 2 fois.
Ou le Dr. ROUX est un chirurgien d'une effroyable incompétence et la violente attaque de l'ARS est parfaitement justifiée. Ou le Dr. ROUX est un chirurgien compétent et l'attaque de l'ARS, injustifiée, doit être condamnée et le Dr. ROUX rétabli dans ses fonctions. Même et surtout si plane en toile de fond des intrigues régionales.
Nous, les opérés du cœur du Dr. ROUX, qui sommes les premiers concernés, nous sommes des milliers à vouloir savoir la vérité. Nous n'avons reçu aucune information de l'ARS, seulement des nouvelles très alarmantes par la presse, comme tout le monde. Et personne n'a pensé à nous.
Alors nous avons décidé de mener une enquête indépendante en rencontrant des cardiologues, des médecins, des chirurgiens, des politiques, des fonctionnaires d'ARS d'autres régions et des patients du Dr. ROUX. Et nous avons pu ainsi pointer un certain nombre de questions.
Nos questions
Comment l'administration peut-elle intervenir de façon aussi brutale auprès des patients ?
Comment une administration médicale responsable peut-elle intervenir de façon si brutale et si intrusive dans la relation de confiance qui lie le chirurgien à ses opérés ? Une lettre d'explication aurait été beaucoup moins vexant et aurait fait preuve de considération vis-à-vis des opérés qui sont les premiers concernés. Les administratifs, qui contrairement aux praticiens n'ont pas la pratique du contact avec le patient, ne devraient-ils pas être formés pour assumer efficacement les récents pouvoirs qui leur ont été octroyés ?
Pourquoi taire que le Dr. ROUX est spécialisé dans les cas difficiles, donc à risque ?
L'un de nos opérés du cœur a été hospitalisé en extrême urgence à Annecy lorsque, devant la gravité de son cas, on lui a conseillé 2 chirurgiens possibles en France. L'un d'eux était le Dr. ROUX. Une autre a été envoyée de Normandie via une étape à Paris qui l'a aiguillé sur le Dr ROUX à Metz.
Selon la gravité des cas, ce sont les cardiologues qui orientent leurs patients vers tel ou tel chirurgien. Un chirurgien d’expérience, comme le Dr. ROUX, qui, à la demande de leur cardiologue, accepte d'opérer des cas désespérés qui ont fait le choix de se battre jusqu'au bout, enregistrera un taux de mortalité plus élevé. C'est mathématique. Lorsque le Dr. ROUX opère à 30% de risque de mortalité là où un autre n'opère qu'à 5% il s'expose à 6 fois plus de mortalité. Alors quand on nous dit que son taux de mortalité est 2 fois supérieur aux autres, en réalité, à risque égal, il est 3 fois moindre. Pourquoi le cacher ? La manipulation est facile. (lettre du Dr. Pierre Olier, 3 derniers paragraphes).
Agiter le taux de mortalité comme un chiffon rouge, n'est-ce pas irresponsable ?
On comprend tout de suite qu'agiter le taux de mortalité comme un chiffon rouge devant les chirurgiens de notre région Lorraine (cela ne se faisant pas ailleurs), est irresponsable et contre-productif. Qui acceptera d'opérer les cas les plus désespérés dans l'avenir si on exige des chirurgiens qu'ils baissent leur taux de mortalité sous peine de mise à pied ? Personne. On sait que la meilleure façon pour un lycée d'avoir 100% de réussite au bac c'est de faire une sélection draconienne à l'entrée de la terminale. De la même façon pour un chirurgien ce sera de refuser systématiquement tous les cas à risque. Ce n'est pas un hasard si partout en France la culture de l'obligation de moyens prévaut de longue date dans nos hôpitaux sur la culture du résultat, que seule la Lorraine utilise.
Parler de mortalité effroyable "à risque égal", n'est-ce pas une manipulation de chiffres ?
Lorsqu’on parle de taux de mortalité effroyable "à risque égal" il faut être très vigilent. Il existe 3 groupes de risques. Les 2 premiers sont compris entre 0 et 5% de risque. Le groupe 3 va approximativement de 5% à 100% de risque de mortalité. Et c’est de ce groupe dont il s’agit. On compare donc aussi bien, au sein du groupe 3, les résultats d’un chirurgien qui n’opère qu’à 5% de risque, à ceux des chirurgiens qui montent jusqu’à 15% ou 30% de risque comme le Dr. ROUX, c'est à dire six fois plus élevé. Et à nous, citoyen lambda, on nous parle de " risque égal " puisqu’ils sont tous dans le groupe 3. Subtilité qui relève de la manipulation lorsqu’on s’adresse au grand public. (lettre de Mlle Fortuna)
Pourquoi, en France, seule la Lorraine utilise le taux de mortalité pour fermer un service ?
Il n'y a qu'en Lorraine que le taux de mortalité est utilisé pour fermer un service. Si on appliquait cette règle au niveau national il faudrait fermer plus du tiers des services de chirurgie cardiaque en France.
Il faut savoir que le taux de mortalité n'est jamais utilisé pour comparer un service à un autre. Ce n'est pas pour cacher la vérité, c'est tout simplement que le taux de mortalité est un chiffre extrêmement fragile comme on va le voir. (Nous tenons cela de fonctionnaires d'ARS d'autres régions qui nous ont dit avoir les yeux braqués sur cette utilisation osée du taux de mortalité que fait la Lorraine pour tenter de justifier la mise à pied d'un chirurgien d'expérience. Ils attendent de voir les suites de cette affaire.)
Il y a des raisons mathématiques à cela. Les populations considérées en matière de taux de mortalité ne sont jamais identiques d’un hôpital à l’autre. Ensuite les chiffres de la base comparatrice au niveau national sont déclaratifs, cette déclaration n’est pas obligatoire et n’est pas contrôlée. Ils ne sont donc pas fiables et c’est une des raisons pour lesquelles on ne les utilise pas pour comparer des services.
L'auteur de cette méthode de calcul qu'on appelle Euroscore recommande lui-même de manipuler ces chiffres avec beaucoup de précaution surtout dans les risques élevés. Des études scientifiques dans son propre service ont montré des écarts de résultat de 26% sur les grilles selon les opérateurs qui les remplissent.
Pourquoi seul le service du Dr. ROUX en France serait tenu à une obligation de résultat ?
Ces mêmes fonctionnaires d'ARS nous ont expliqué que les hôpitaux avaient des obligations de moyens mais pas de résultat. Par exemple lorsque le Républicain Lorrain du 24 décembre 2010 nous annonce que Joeuf se positionne 9ème sur 325 hôpitaux français en matière de lutte contre les infections nosocomiales. On s’attend à lire des résultats chiffrés sur le faible taux de mortalité de Joeuf. Eh bien non, ces chiffres ne sont pas dévoilés et l’évaluation ne repose que sur les mesures de prévention prises par Joeuf : consommation de solutions hydro-alcooliques, bon usage des antibiotiques etc. C’est donc bien ce qu’on appelle une obligation de moyens et non de résultats. Le taux de mortalité pourrait être plus élevé à Joeuf qu’ailleurs que cela ne changerait rien à son bon classement.
Si la responsabilité est collective, pourquoi seul le chirurgien serait inquiété ?
Le taux de mortalité d’un service dépend d’une chaine de compétences: cardiologue, anesthésiste, chirurgien, réanimateur et rééducateur qu'on étend jusqu'à 30 jours après l'opération. La responsabilité du taux de mortalité d’un service est donc forcément diffuse et collective. Ici, les services administratifs ont tout de suite pointé le chirurgien, le Dr. ROUX, comme unique responsable sans explication aucune. Les autres spécialités, voire ses chefs de pôle concernés ou même la direction de l'hôpital n'ont pas été inquiétés.
La direction de l'hôpital n'est-elle pas à l'origine de cette augmentation de mortalité ?
Il y a des coïncidences troublantes. Jusqu'en mai 2009, la chirurgie cardiaque avait son propre service de réanimation adapté aux opérés du cœur. A partir de cette date la direction de l'hôpital a décidé de fondre ce service de réanimation spécifique dans un service de réanimation général, à l'encontre des recommandations du Dr ROUX qui craignait là des risques supplémentaires de mortalité pour les patients qui sortaient de chirurgie cardiaque. Or c'est justement à partir de mai 2009 que le taux de mortalité du service de chirurgie cardiaque, a subitement augmenté, matérialisant ainsi les craintes du Dr. ROUX. Et c'est lui que la direction de l'hôpital s'empresse de sanctionner spectaculairement. N'y a-t-il pas une relation de cause à effet flagrante que tout le monde a passé sous silence ? Peut-on être juge et parti ?
Pourquoi cet empressement à fermer un service si performant de notre région ?
Si un service a réellement des problèmes, le rôle du responsable administratif (ARS) n'est-il pas d’abord d’alerter le service concerné puis d’essayer d’améliorer les choses par la concertation, au lieu de fermer le bureau du chef de service pendant qu’il est parti déjeuner puis de se précipiter dans les salles de rédaction pour faire du catastrophisme ? Etrange comportement.
Les Lorrains, consultés, auraient-ils accepté une telle dégradation de leur patrimoine ?
Comment peut-on, du jour au lendemain, dissoudre sans égard un service de chirurgie cardiaque performant et novateur de cent personnes, qui s'est construit au fil de ces vingt années à force de talents et de compétences dans toutes les disciplines, pour atteindre une notoriété qui a été soulignée à la fois par les rapports de l'IGAS et d'ALTAO ? Un tel service, si long à reconstruire, fait partie de notre patrimoine médical régional. Il appartient aux Lorrains. N'aurait-on pas du les consulter avant un tel gâchis ? Ou au moins interroger les politiques qui les représentent.
L'ARS n'est-elle pas juge et parti ?
Quand l'ARS prend la décision de mettre à pied le Dr. ROUX, est-il normal que les "experts" qui rédigent les rapports qui doivent justifier la décision de suspension, soient tous désignés par l'ARS, voire salariés de l'ARS, et que n'ait lieu aucun débat contradictoire avec l'intéressé ? Est-il normal que ce soit ces mêmes rapports qui servent aux membres du conseil de discipline qui seront amenés à statuer sur le bien fondé de cette décision ? Est-il normal que les cardiologues, qui sont les mieux placés pour se prononcer sur les compétences du Dr. ROUX, puisque ce sont eux qui lui envoient leurs patients, soient limités dans leurs témoignages par les pressions constantes de l'omniprésente ARS ? Enfin est-il normal que depuis la récente création des ARS, autant de pouvoir soit concentré sur son seul directeur, sans contre-pouvoir pour éviter les dérapages tels que celui auquel on assiste ?
La relation avec l'opéré et sa famille ne doit-elle pas rester l'affaire du praticien ?
Porter de telles accusations en public sur un chirurgien est cruel pour les milliers d'opérés de la région, et leur famille, qui le ressentent comme un mépris de l'ensemble du corps médical à leur égard. Ils se sentent abandonnés, trahis dans leur intimité, par ceux en qui ils avaient placé leur confiance, autant les accusateurs que les accusés. En quelques minutes sont ainsi piétinées des milliers d'heures de travail que le praticien a passé à préparer et accompagner ses patients et leurs familles pour aborder cet événement majeur de leur vie. Sans compter le profond trouble qui vient bousculer la conscience des familles de défunts, décédés à l'hôpital, qui avaient depuis longtemps fait leur deuil, notamment grâce au travail de proximité du chirurgien. Cette intrusion brutale de l'administratif dans la sphère intime du praticien et de son patient montre qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire dans la répartition des rôles. (Lettre de Simone Reinartz)
N'est-ce pas un appel au trouble à l'ordre public avec la bénédiction de l'administration ?
Pour une administration, désigner ainsi à la vindicte publique un chirurgien cardiaque dont on sait que c'est une discipline où très souvent le pronostic vital est engagé, n'est-ce pas un encouragement ouvert aux familles, même si elles ont fait leur deuil depuis longtemps, à se retourner contre le praticien, fort de cette caution de l'administration ? N'est-ce pas à un appel au trouble à l'ordre public ?
Parce qu'on est en Lorraine, peut-on s'abriter derrière le syndrome d'Epinal ?
Dans l'affaire des irradiés d'Epinal, la faute professionnelle était parfaitement identifiée, les victimes aussi, s'en est suivi une sanction. Ici, suite à une sanction précipitée, on est à la recherche à postériori de fautes et de victimes que personne n'a encore vraiment identifié. Aucune similitude avec Epinal. Quant à évoquer le principe de précaution, c'était il y a 20 ans qu'il fallait l'envisager, à la création du service.
Un score de plus de 94% de vies sauvées sur 8000 opérations n'est-il pas honorable ?
Parlons des morts. Un rappel: nous sommes tous mortels. Notre société l'oublie trop souvent. La nature nous a programmé pour mourir un jour. Les chirurgiens interviennent pour essayer de retarder un peu cette échéance, mais rien de plus. On appelle cela une vie sauvée (temporairement). C'est la nature qui met fin à des vies (définitivement). On appelle cela une mort naturelle. C'est ainsi que pour le Dr. ROUX, sur 8.000 opérés du cœur, on compte qu'il a pu en sauver avec ses collaborateurs environ 7 530. Soit un score de plus de 94% de vies sauvées. (témoignage: 8 ans…)
Où sont passés les "dysfonctionnements graves" en matière d'honoraires ?
La charge contre le Dr. ROUX évoquait des "dysfonctionnements graves" quant à ses honoraires, et promettait un rapport qui s'annonçait "très sévère". Or, on sait aujourd'hui, que la commission d'activité libérale (CAL), chargée des vérifications, n'a pu que constater la conformité du Dr. ROUX aux recommandations de l'IGAS en matière de pratique libérale. Et que cette même commission a enregistré pour les années 2009 et 2010 presque dix fois plus d'honoraires rétrocédés au bénéfice de patients en raison d'une prise en charge insuffisante des mutuelles, que de dépassements d'honoraires pour des interventions plus lourdes que prévu. Tout le contraire de "l'entreprise de surfacturation" qu'on nous avait annoncé de façon tapageuse.
Conclusion intermédiaire
Cette enquête approfondie, à l'initiative des opérés du cœur dans leur recherche de vérité, conforte le Dr. ROUX dans ses compétences en matière de chirurgie cardiaque et constate ses aptitudes, reconnues par ses confrères cardiologues, à opérer les cas les plus difficiles. Ce qui est somme toute plutôt rassurant pour les opérés que nous sommes.
Les opérés du cœur, de par leur expérience, confirment l'excellente réputation du service de chirurgie cardiaque monté par le Dr. ROUX à Metz il y a 20 ans, comme le soulignent les rapports de l'IGAS et d'ALTAO.
Par contre cette enquête jette un éclairage nouveau sur un certain nombre de déclarations tronquées et de décisions administratives hasardeuses sur lesquelles devront statuer un jour les autorités compétentes.
"L'effroyable incompétence" du Dr. ROUX apparaît maintenant comme un coup de bluff pour tenter de justifier sa mise à pied et servir des intérêts autres que ceux des patients.
L'affaire DREYFUS de la médecine ne deviendrait-elle pas l'affaire GRALL ?
Nous nous sommes penchés sur ce que pouvaient être les motivations d’un tel coup de bluff à l’encontre du Dr. ROUX, et nous avons compris que l’affaire ROUX, que beaucoup de cardiologues appellent déjà l'Affaire DREYFUS de la médecine, pourrait devenir très vite l’affaire GRALL (directeur de l'ARS).
Le travail du directeur de l'ARS est de faire des économies en réorganisant au mieux les moyens de la santé dont notre Région dispose. Et c’est tout à fait louable, notre pays a besoin de réformes. Mr. GRALL a d’ailleurs un vaste projet, dont il a parlé dans la presse dés le mois de juin 2010, visant au regroupement des moyens de Metz et Nancy dans cette dernière ville dotée d’un plateau chirurgical cardiaque actuellement surdimensionné. De là à voir, à travers la fermeture précipitée du service du Dr. ROUX à Metz, une première étape d’une stratégie bien pensée, il n’y a qu’un pas.
1 - On ferme "temporairement" le service de chirurgie cardiaque de Metz.
2 - On met à pied le Dr. ROUX, l’homme fort du service. Prétexte : un « taux de mortalité effroyable. »
3 - On rouvre le service pour endormir les politiques de Metz, mais avec un chirurgien de Nancy.
4 - On ferme définitivement Metz et on rapatrie le tout à Nancy. Chirurgien compris. Le tour est joué.
Les 2 premières étapes ont déjà été franchies. La troisième est annoncée par Mr. GRALL, directeur de l'ARS, dans la presse. La quatrième, tout le monde en parle sous le manteau.
L’assassinat professionnel du Dr. ROUX était donc le meilleur raccourci pour permettre à l'ARS de fermer Metz au profit de Nancy sans rendre compte à personne. Cette rapidité, c'est bien sûr l'enjeu de la création de la CHT, sur l'intérêt duquel nous ne sommes pas compétent pour statuer, mais dont nous savons déjà que la naissance est entachée par la bavure de la fermeture précipitée de Metz et de la mise à pied du Dr. ROUX.
Le respect des praticiens par les administratifs n'est-il pas au cœur du problème ?
En France, dans le milieu médical, on assiste à un glissement du pouvoir des praticiens vers les administratifs. Il semble que ce soit l'évolution normale de notre société. La création récente des agences régionales de santé (ARS) a donné du jour au lendemain des pouvoirs exorbitants aux administratifs.
Nous, les opérés du cœur, avons un message aux administratifs. Forts de vos nouvelles prérogatives, ne piétinez pas les praticiens. Ils sont l'interface avec le patient. Sans eux vous n'êtes rien. Ils sont la branche sur laquelle vous êtes assis. Infirmières, médecins, spécialistes, cardiologues, chirurgiens, ce sont eux qui prennent des risques au contact du patient, ce sont eux qui s'exposent au reproche d'un taux de mortalité. Alors n'enfoncez pas le clou. Au contraire, mettez vous au service des praticiens. Etablissez un lien de confiance avec eux, et vous y gagnerez en respectabilité, en autorité naturelle et donc en efficacité.
Nous avons aussi un message aux praticiens. Vous avez construit la valeur du système médical français à force d'engagement, de talent, de recherche et de créativité. Aujourd'hui vous devez partager le pouvoir avec des administratifs qui n'ont pas participé à cette construction et qui en sont encore à jouer des coudes pour se tailler une place au soleil. Un jour viendra où la cohabitation sera apaisée. Vous pourrez alors vous décharger d'une grande part de votre fardeau administratif pour donner toute votre mesure dans vos talents de praticien. C'est ce qu'attendent de vous vos patients.
Nous pensons notamment au Dr. ROUX, chirurgien d'expérience, expert dans les cas difficiles, qui se démène aujourd'hui dans des intrigues administrativo-médiatiques où l'ont entrainé des administratifs dont c'est le terrain de prédilection, alors que meurent chaque jour en France 400 personnes de maladie cardiovasculaire. Il est temps de tourner la page, il a mieux à faire. (lettre JP Eugène)
Un dernier message à l'ensemble du corps médical. Ne sous-estimez pas les patients, dont les opérés du cœur font partie, ce sont des observateurs privilégiés du travail des praticiens et des administratifs. En quelque sorte la 3° composante du système médical. Les opérés du cœur du Dr. ROUX, répartis sur l'ensemble du territoire de notre région représentent un fidèle éventail de notre société et ils sont des milliers. Lorsqu'on les mobilise, ils deviennent une inépuisable source de témoignages et de renseignements de toute sorte. Parmi eux, des urgentistes, des infirmières, des infirmières cadres, des médecins, des cardiologues, des spécialistes. Ils soutiennent tous cette recherche de vérité.
Conclusion
Nous, les opérés du cœur du Dr. ROUX, demandons au Ministre une enquête administrative sur les conditions dans lesquelles ont été prises les décisions de suspendre le service de chirurgie cardiaque de Bon-Secours et de la mise à pied du Dr. ROUX.
Nous demandons la constitution d'un jury d'honneur composé de personnalités internationales incontestables , indépendant des experts désignés par l'ARS, et représentant chacune des spécialités intervenant dans une opération de chirurgie cardiaque et qui, cette fois, prendront le temps nécessaire à une vraie enquête indépendante pour statuer définitivement sur les compétences du Dr. Roux et sa réhabilitation professionnelle le cas échéant.
L'association des opérés du cœur veillera au suivi des différentes étapes de ce processus.
Hubert de Chevigny